Julien Colombier
- Vendredi 20 février | 18h00 > 21h00
En janvier 2026, le centre culturel Les arts de lire a commandé à l’artiste Julien Colombier une fresque en deux volets, dans le bras nord du transept et le dortoir des moines.
Réalités successives sur fond rouge
Dans l’ancien dortoir des moines, la peinture murale de Julien Colombier déploie un paysage qui prolonge en trompe-l’œil la perspective des voûtes. La répétition des motifs et des couleurs semble faire clignoter l’architecture au cœur d’un enchevêtrement de formes florales organiques. Si l’ensemble apparaît comme un grand dessin continu, il se divise en trois parties distinctes, séparées par des lignes de couleur brute et des ombres portées qui introduisent des plans et des échelles différents. Le fond incandescent, aux dégradés discontinus, irradie d’un rouge solaire, enveloppant l’espace et déplaçant le point de vue.
Cette intervention fait écho aux pratiques médiévales, lorsque les murs étaient largement enduits et peints : trompe-l’œil géométriques, comme dans le vestibule de la chapelle haute, ou profusion de drapés, de rinceaux et de décors floraux. En réactivant ces motifs et en multipliant les lectures possibles, l’œuvre inscrit l’ancien dortoir dans une continuité historique tout en renouvelant l’expérience sensible du lieu.
Décor de dessin animé
Julien Colombier a réalisé cette fresque sur le chevalet de la voûte du transept. En renouant avec la tradition des surfaces murales peintes, il inscrit son travail dans la continuité des arts décoratifs médiévaux.
Le trompe-l’œil redessine la structure existante et crée des effets de profondeur qui dédoublent l’architecture. Avec une grande économie de moyens, la peinture déplace les perceptions et plonge le spectateur dans un univers évoquant le dessin animé ou le jeu vidéo. La dimension ludique et humoristique se prolonge dans le titre lui-même, puisqu’on ne construit évidemment pas de décor de dessin animé.
Les sens hésitent entre illusion et réalité : certaines parties semblent construites alors qu’elles sont peintes, tandis que d’autres, plaquées, se fondent dans le décor. Élément provisoire destiné à soutenir la voûte, le chevalet devient à la fois support et sujet de la peinture, transformant un dispositif technique en expérience visuelle et renouvelant la lecture de l’espace.
Artiste français né en 1972, Julien Colombier vit et travaille aujourd’hui dans la Drôme provençale. Autodidacte, il développe une pratique picturale à l’acrylique et au pastel gras, qu’il déploie sur des supports multiples, de la toile et du papier aux murs, au bois et à l’installation. Il travaille à l’international et collabore régulièrement avec des grandes marques comme Cartier ou Chanel.