Le Banquet du livre d’été, c'est une semaine de rencontres intellectuelles, littéraires et artistiques dans l’abbaye médiévale et le village de Lagrasse, dans les Corbières.
Le programme complet, les informations détaillées et la billetterie seront disponibles sur cette page courant juin.
Le thème : La maison et le monde
L’actualité ressemble de plus en plus à un conte absurde et cruel, l’histoire d’un fou dangereux qui tourne autour des maisons avant de s’y engouffrer. Dans les récits d'enfance, ce rôle revient souvent au loup, figure de la force, de la ruse et de la cruauté. Avec lui, la peur franchit le seuil et la maison cesse d’être un abri pour devenir une part exposée du monde.
Catastrophes écologiques, guerres d’invasion, conquêtes coloniales d’un autre âge, menaces sur la démocratie : le danger se rapproche. Son souffle frôle les murs de nos refuges intimes. Les bruits du monde s’infiltrent dans les gestes du quotidien, la fatigue des jours, les imaginaires façonnés par les écrans. La maison apparaît alors dans toute sa vulnérabilité, face à l’Histoire qui s’invite à table, aux grands incendies, aux images du dehors. Et lorsque la maison devient aussi le lieu des violences intrafamiliales, ce n’est plus seulement le monde extérieur qui menace, mais la trahison des proches, l’effondrement même de l’idée de refuge.
Quand une bombe souffle une maison, ce ne sont pas seulement des murs qui tombent, mais un monde entier. Dans les villes bombardées et sur les routes de l’exil, des foyers disparaissent, des vies sont interrompues, d’autres laissées derrière soi. Perdre sa maison, c’est perdre plus qu’un toit : c’est voir se dissoudre la frontière protectrice entre soi et le monde.
Pourtant, au cœur des ruines et des déplacements forcés, des manières fragiles d’habiter persistent, portées par la débrouille, la solidarité, la langue, autant de formes ténues de résistance à l’effondrement.
Penser la maison, c’est désormais penser le monde. Après le feu, après les pertes et les fractures, se pose la question de la reconstruction. Il nous faut peut-être apprendre à habiter autrement : dans des maisons conscientes de leur fragilité, ouvertes au vivant, inscrites dans des réseaux de relations plus vastes et incertains.
Des sciences du vivant aux arts, de la géographie à la littérature, de nombreuses disciplines interrogent aujourd’hui nos manières d’habiter, la fragilité des milieux, le passage du domestique au planétaire. Comment habiter quand la maison et le monde ne font plus qu’un ? Combien de temps encore nos refuges intérieurs nous protégeront-ils du dehors ?
C’est là que peut se tenir la réflexion, entre sciences, arts et récits : à la recherche d’une pensée de l’habiter qui ne sépare plus l’intime du planétaire, mais les relie dans le souffle obstiné de la vie qui cherche, malgré tout, à faire demeure.
Jean-Sébastien Steil
Directeur de l’Abbaye médiévale de Lagrasse,
Centre culturel de rencontre Les arts de lire
Nos invités et invitées
Anne-Laure Amilhat-Szary, géographe | Irène Bonnaud, metteuse en scène | Patrick Boucheron, historien | Laurent Cavalié, musicien | Stéphane Charpentier, photographe | Elena Del Vento, illustratrice | Mohamed El Khatib, metteur en scène | Jeanne Etelain, philosophe | Johan Faerber, critique et auteur | Jérôme Ferrari, auteur | Jordi Galí, danseur | Laure Gauthier, autrice | Hélène Giannecchini, autrice | Virgile Goller, musicien et comédien | Marielle Hubert, autrice | Marie Kock, autrice et journaliste | Michel Lussault, géographe | Vincent Marie, réalisateur | Valérie Marin La Meslée, autrice et journaliste | Corinne Morel Darleux, autrice | Alyssa Moxley, musicienne | Valérie Muzetti, comédienne | Nathalie Pagnac, comédienne | Alexis Palazzotto, musicien | Pauline Peyrade, autrice | Yann Potin, archiviste | Mathieu Potte-Bonneville, philosophe | Christophe Pradeau, auteur | Mélanie Prochasson, comédienne | Léonor de Récondo, autrice Bénédicte Savoy, historienne de l’art | Ivan Segré, philosophe | Anne Simonin, historienne | Laurent Soffiati, comédien | Christian Thorel, libraire et auteur | Galdric Vicens, musicien | Tanguy Viel, auteur
Le Journal des arts de lire
Disponible en version numérique, le Journal des arts de lire est le quotidien du Banquet du livre d'été. Il présente le programme du jour qu’il prolonge par des entretiens, chroniques, clins d’œil, feuilletons et autres regards croisés sur l’actualité du Banquet.
Vous pouvez y retrouver les articles des éditions précédentes en attendant le journal du Banquet du livre d'été 2026, à partir du 25 juillet.
Les librairies

Au cœur du monument, la librairie permanente de l’abbaye médiévale se tient prête à accueillir la curiosité des publics du Banquet, comme elle le fait toute l’année avec les habitant·e·s des Corbières et les visiteur·euse·s de passage en leur proposant une sélection généraliste et exigeante. Depuis 18 ans, la librairie Les arts de lire a su tisser des liens uniques avec les habitant·e·s du territoire en élargissant régulièrement sa clientèle, ses conseils et en se déplaçant au plus près des différents évènements qui ponctuent le paysage culturel de l’Aude. Pendant l’été, la librairie adapte son offre en complémentarité avec la librairie du Banquet en traçant cette année un chemin au cœur des ruines, proposant une sélection bibliographique où des manières fragiles d’habiter persistent, et où penser la maison, c’est désormais penser le monde, en apprenant à habiter autrement.
La librairie du Banquet est, depuis l’origine de la manifestation, déployée dans le cellier de l’abbaye par l’équipe de la librairie Ombres blanches de Toulouse. La sélection sur tables de cette librairie éphémère met l’accent sur les ouvrages récents des invité·e·s des lectures, rencontres et conférences. Le thème du Banquet est exploré en rhizome à partir de tables thématiques. La librairie du Banquet est aussi un lieu de lecture, de rencontres d'auteur·ice·s et de dédicaces à l’issue des conférences, et celui de la fameuse Criée quotidienne où un·e intervenant·e défend un coup de cœur littéraire.
