Les exilées
- Mardi 28 juillet 2026 | 16h00 > 16h45
Librairie du Banquet - cellier de l'abbaye
Les exilées, Eschyle, Les Solitaires intempestifs, trad. par Irène Bonnaud, 1993
Les Exilées, alias les Suppliantes, pourrait aussi s’appeler les Demandeuses d’asile : le titre grec, Iketidès, fait allusion à un rituel de la Grèce ancienne qui faisait de l’hospitalité un devoir sacré. Quiconque s’agenouillait sur le seuil d’une maison ou à l'entrée d’une cité, tenant dans sa main un rameau d’olivier entouré de laine blanche, se plaçait sous la protection de Zeus xenios, Zeus protecteur des étrangers. Gare à ceux qui ne lui ouvraient pas leur maison ; ils auraient à subir la vengeance du plus puissant des dieux.
Avec la vieille légende des Danaïdes quittant l’Afrique pour échapper à un mariage forcé, traversant la Méditerranée pour demander l'asile en Grèce, Eschyle a voulu célébrer le nouveau système politique qui régissait sa cité d'Athènes. C’est dans cette pièce que, pour la première fois, dans les textes conservés de la littérature européenne, apparaît le mot démo-cratie, le pouvoir du peuple.
Irène Bonnaud est metteuse en scène de théâtre, autrice et traductrice de l’allemand et du grec ancien. Son dernier spectacle porte sur les écrits parisiens de Heinrich Heine. Elle a consacré sa thèse à l’exil hollywoodien de Bertolt Brecht et a écrit sur le cinéma dans les revues Vacarme et Trafic.